Chroniques littéraires, Contemporain, Fantastique/Fantasy, Young Adult

Izana : La Voleuse de Visages – Daruma Matsuura

« Au printemps, les tempêtes et la tiédeur font pourrir mon coeur.
En été, les violentes chaleur consument mon coeur.
En automne, la tristesse et les récoltes égarent mon coeur.
C’est l’hiver. Si ce froid mortel pouvait détruire mon coeur… »

***

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Titre
: Izana La voleuse de visages
Auteur : Daruma Matsuura
Editeur : Lumen
Date de publication : mai 2017

Note : 4/5

1

Dans le monde d’Izana, il y a le dedans et le dehors. Le dehors, c’est tout ce qui s’étend au-delà des murs de la maison : le soleil, les arbres, les autres… tout ce qu’elle n’a jamais vu autrement que dans ses livres ou à travers les carreaux. Car depuis sa naissance, elle vit recluse, bien à l’abri entre quatre murs. Un jour, poussée par la curiosité, la jeune fille décide de braver l’interdit et de s’aventurer à l’extérieur. Bien mal lui en prend – elle comprend que son visage est si effroyable qu’il ne peut être montré au grand jour.
Car si d’ordinaire, la laideur n’est pas un crime, il règne dans le village une terrible superstition. Autrefois se seraient affrontées une sorcière d’une grande laideur et une prêtresse d’une grande beauté : la première, victorieuse, aurait volé son apparence à la seconde. Depuis lors, toute petite fille laide née une certaine année est tuée sur-le-champ, sous peine de porter malheur aux habitants. Cette légende est même le thème d’une pièce de théâtre qui se joue chaque été. Izana y découvre pour la première fois, dans le rôle de la prêtresse, sa propre cousine. Née la même année qu’elle, Namino a été épargnée grâce à sa beauté extraordinaire…

2


J’ai été extrêmement surprise et déstabilisée par ce roman ! Je ne m’attendais pas à ce que l’histoire prenne une tournure comme celle-là, et c’est d’autant plus agréable d’avoir été prise au dépourvu !

Le style du roman est très clairement japonais, dès les premières pages je l’ai ressenti à travers les éléments culturels que l’auteure utilise. Côté écriture, ce n’était pas toujours très simple de suivre la narration, qui alterne sans prévenir entre le point de vue à la troisième personne de Chigusa, la mère adoptive, et ceux à la première personne d’Izana et et de Kingo, le petit protégé. C’est le seul défaut que je reproche à ce roman. Autrement, j’ai facilement plongé dans l’histoire, et j’étais très curieuse de savoir comment l’auteure allait amener cette superstition dont il est question dans le résumé.

Je me suis vraiment attachée au personnage d’Izana. Depuis toute petite, sa mère adoptive lui interdit de sortir dehors, sous prétexte que cela est dangereux pour la petite fille. Izana, elle est curieuse de ce monde et lit tout ce qui lui tombe sous la main pour en apprendre un peu plus. Cela n’est pas sans rappeler le conte de Raiponce, enfermée dans sa tour, mais là s’arrête toute ressemblance.

Mon coeur s’est serré pour elle lorsque, plus grande, elle a bravé l’interdit de sa mère et découvert qu’elle était “vilaine”, suite aux paroles méchantes et méprisantes d’enfants du village. C’est d’ailleurs à partir de ce moment là qu’un changement opère en Izana : elle passe d’une jeune fille rêveuse et optimiste, avide de découvrir le monde, à une adolescente blessée, amère et qui se terre pour que personne ne la voit.

La légende est très bien amenée, entourée d’une aura de mystère, et l’auteure la lie très habilement aux personnages du roman, à savoir Izana et Namino. Le tout est très subtil et laisse vraiment planer un sentiment de malaise, comme si je savais déjà que quelque chose allait mal se passer. Izana est indéniablement liée à cette légende, même si elle ne s’en rend pas forcément compte. C’est surtout dans le deuxième tiers du roman qu’on en apprend un peu plus sur cette histoire ancestrale, et à partir de ce moment là, il m’a été difficile de lâcher le livre.

La fin m’a laissée sans voix, je ne m’y attendais absolument pas. Et même quelques jours après avoir terminé ce roman, j’y repense encore… Merci aux éditions Lumen pour cette belle découverte.

 

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6 thoughts on “Izana : La Voleuse de Visages – Daruma Matsuura”

  1. Depuis sa sortie, ce livre me fait de l’œil mais son style très éloigné de mes habitudes de lectures me fait hésiter à me lancer par peur de l’inconnu… En tous cas, ton avis me donne de plus en plus envie de me lancer ! ^^

    Aimé par 1 personne

    1. Des fois, on gagne à se laisser surprendre par des livres en sortant de notre zone de confort. Ca a été le cas pour moi avec Izana, alors pourquoi pas toi ? 😉

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